Bizarrement vôtre
Les productions Swell présentent Bizarrement vôtre.
Éric cogne chez Fred.
Fred: Entre!
Éric entre.
Éric: Salut, man!
Fred: Salut, Éric, assis-toi! Tu veux tu des chips? De la bière? Une danseuse? Ah ah, une danseuse...
Dans le salon, assis sur le divan.
Fred: Pis man, quoi de neuf?
Éric: Rien de spécial là... (Une danseuse passe devant eux.) Tout du pareil au même... pas grand chose...
Fred: T'as pas l'air à filer.
Éric: Je sais pas qu'est-ce que j'ai là... je feel comme pas... je feel comme bizarre en même temps, je... je le sais pas esti... je le sais pas...
Fred: Peut-être que... peut-être tu devrais aller voir un médecin?
Dans un bureau de médecin, le docteur parle avec un patient.
Médecin: Eh bien ce n'est qu'une petite grippe. Buvez beaucoup d'eau et restez au lit, ça va passer! Allez! Bonne chance!
Le patient sort du bureau, et on voit qu'il a une hache plantée dans le dos. Le médecin regarde une représentation anatomique sur une affiche.
Médecin: (En lisant) Colite ulcéreuse... Pff! Ils inventent n'importe quoi, franchement! (Éric entre dans le bureau.) Ah! Éric!
Éric: Bonjour, docteur.
Médecin: Ça va bien? Qu'est-ce qu'il y a?
Éric: Eh bien euh... je sais pas... je me sens comme bizarre là... un peu fucké... je... je sais pas qu'est-ce que j'ai... je me sens bizarre, je me sens bizarre...
Médecin: Bizarre... Bon bin on va regarder ça! (Il prend un bâtonnet qu'il avait sur l'oreille.) Allez, rouvre-moi ta bouche. (Il examine la gorge d'Éric.) Eh bien... je... je sais pas ce que ça peut être, c'est peut-être bouché au niveau des intestins.
Éric: Ah oui?
Médecin: Bien on prendra pas de chance. (Il prend un long tube muni d'une caméra endoscopique.) Rouvres ta bouche. (Il lui rentre le tube dans la gorge et Éric étouffe.) Ça va? (Éric tousse.) Ça sera pas long... (Il échappe le tube dans la gorge d'Éric.) Euh... attends un peu... (Il essaie de récupérer le tube à l'aide d'une paire de pinces.) Anyway! (Il tousse.) Eh bien, Éric, on n'a rien trouvé!
Éric: C'est tu bin grave?
Médecin: Eh bien euh... c'est pas normal, là, hein! Fait que va falloir qu'on t'opère.
En salle d'opération.
Éric est couché sur la table.
Éric: Est-ce que vous allez me geler?
Médecin: Non, mais on va te faire oublier qu'on t'opère. (Il lui donne un miroir.) Grâce à Kiko!
Dans le miroir, on voit Kiko le clown qui fait un spectacle de marionnette avec des poissons en plastique. Éric rit.
Médecin: (À voix basse) Vite! Opérez-le!
4 heures plus tard.
Kiko est complètement épuisé. Le médecin s'essuie le front.
Médecin: Bon bin... on n'a rien trouvé. Allez, recousez-le.
Kiko enlève sa perruque et s'en va. Le docteur prend son tube de tout à l'heure.
Médecin: Moi je garde ça. Ça peut être pratique!
Dans le bureau.
Médecin: Eh bien Éric, on n'a rien trouvé d'anormal... Il reste peut-être une solution. Ça serait de faire des photos radiographiques.
Éric: Ah oui? C'est quoi?
Médecin: C'est des photos qui permettent de voir en détails ce que l'oeil nu ne peut pas voir.
Dans une salle de radiographies.
Un technicien qui porte un habit anti-radiations sort une ampoule d'une boîte et la visse sur une lampe. Dans le corridor, le médecin actionne un interrupteur. Une sirène se fait entendre dans toute la ville. Un couple sort de sa maison avec leur bébé.
Homme: Ok, tout le monde à l'abri nucléaire!
Rogère arrive en courant et en riant.
Rogère: Attendez! Ahahahah! Ok, all right! (Elle cogne à la porte de l'abri nucléaire et essaie d'ouvrir, mais la porte est barrée.) Ah fucking shit! Ah fuck off!
Elle part en riant.
Dans la salle de radiographies.
Le technicien fait signe à Éric de se tasser et s'apprête à prendre la photo. Il respire de plus en plus vite et fort et appuie sur le bouton.
3 jours et demi plus tard.
Dans le bureau du médecin.
Éric: Docteur, il faut que je vous dise. Depuis les radiographies, je sais pas qu'est-ce que j'ai... j'ai des effets secondaires. Dernièrement, à la partie de balle, j'ai... j'ai perdu mon bras droit.
Flashback. Éric lance une balle de baseball, mais son bras part avec.
Éric: Ahhhhhhhhh!!!!!
Dans le bureau.
Éric: C'est tu normal?
Médecin: Bin oui, bin oui oui oui, c'est très très très normal, il y a pas de problème là-dessus, voyons donc! C'est... c'est... il y a rien là! Hein! Hein! Les gars, on check ça! (Il regarde les radiographies.) Eh bien Éric, on a reçu les résultats. J'ai peur d'avoir à vous dire une mauvaise nouvelle. Eh bien... on n'a rien trouvé. D'après les résultats, Éric, il te resterait environ... 75 ans à vivre.
Le père d'Éric: Je suis désolé...
Éric se met à pleurer.
Médecin: Je suis désolé.
Père: Mais docteur, vous avez les machines les plus sophistiquées que la médecine connait. Dites-moi pas que vos diplômes vous servent à rien.
Flachback. Le médecin est dans un bar. Il tappe sur l'épaule d'une fille et lui montre son diplômes de médecine. La fille le french.
Dans le bureau.
Père: Docteur!!
Médecin: Écoutez, monsieur Thivierge, j'aime pas ça dire ça, mais, je crois que le problème de votre enfant est psychologique.
Père: Quoi! Comment? Vous dites que mon fils est peut-être bizarre? Peut-être fou?
Médecin: Écoutez, monsieur Thivierge... je... j'aime...
Père: NON! Vous, écoutez! Il y a pas de fou dans ma famille! Fait que vous allez lui trouver une maladie, pis vite à part de ça!
Il se penche par-dessus le bureau, regarde un peu partout d'un air paranoïaque, et s'en va.
Éric: Excusez-le.
Médecin: Écoute, Éric... je comprends qu'est-ce que tu vis. J'ai déjà passé par là. Prends ça. Faits-en ce que tu veux, ça peut peut-être t'aider.
Il lui donne une annonce du camp Bizarrement vôtre.
Voix d'Éric: Alors, je suis donc allé au camp Bizarrement vôtre. (On voit Éric au camp qui pose des clous dans un club sandwich, et plein d'autres gens bizarres, donc le petit Antoine et Kiko le clown.) Au début, je reniais mon moi-même, je refusais de voir que j'étais bizarre. Maintenant, j'assume pleinement que je suis fucké, et j'ai vu que je n'étais pas seul. Et cela me rassurait. (On voit Éric et le petit Antoine qui se serrent dans leurs bras.) On m'a appris que c'était normal de ne pas être comme les gens normaux. Et maintenant, je suis heureux. je vis présentement avec ma femme Gisèle (Qui est en fait une lampe avec une perruque.)...
Gisèle: Bonsoir.
Éric: ...mon fils Antoine (Une botte de caoutchouc avec une perruque)...
Antoine: Yo man!
Éric: ... et Bobby (Un jeu d'Opération).
Bobby: Allo!
Éric: Cela fait du bien de savoir que la normalité ne fait pas l'unanimité!
FIN
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