Faire beaucoup avec peu


Le défi de l'industrie du film court


Yannick Poisson
Victoriaville
(Collaboration spéciale)

Même s'ils ont dû se débrouiller avec un budget ne dépassant pas les 25 000$, Martin Morissette et ses collègues des Productions tout court, Nataly Gagnon et Cochise Métivier, sont parvenus à mettre sur pieds une programmation comprenant 72 court métrages pour un total de 13 heures et demie de pellicule, en vue de la deuxième édition du Festival du film court de Victoriaville (FFCV).

Le directeur général du FFCV a beau dire que du court métrage «il en mange», le bénévolat a ses limites et c'est pour cette raison qu'il espère que la qualité du spectacle offert attirera beaucoup gens au Cégep de Victoriaville les 14, 15 et 16 novembre prochain et que d'importants partenaires se joindront à lui par la suite.

«Pour présenter une programmation comme celle-là, j'ai dû visionner pas moins d'une cinquantaine d'heuresde vidéos. Si l'on considère tout le temps que j'ai consacré à la logistique du Festival, on peut dire que j'ai donné trois mois de ma vie à temps complet», a raconté celui qui est aussi le directeur photo des Chick'n Swell.

Pour atteindre ses objectifs, Martin Morissette fera confiance à 55 productions québécoises, dont les plus prisées sont Hit and Run de Richard Jutras, gagnant d'un prix Jutra en 2002 pour le meilleur court métrage, Aspiration de Constant Mentzas, couronné meilleur court métrage canadien récemment à Toronto et Le visiteur, le premier court métrage hors Chick'n Swell de Francis Cloutier, mettant en vedette son ami Robin Aubert.

Inutile de chercher l'humour dans ce film court du «petit blond des Chick'n Swell». Ce dernier a décidé de mettre en scène un suspense d'horreur, genre plutôt rare, vu la durée du court métrage.

«C'était tout un défi de réaliser quelque chose qui ne concordait pas avec ce que j'étais habitué de faire avec les Chick'n Swell. Je crois que j'y suis parvenu. Ceux qui s'attendent à rire en regardant le vidéo risquent d'attendre les punchs longtemps», a averti Francis Cloutier.

Douze productions internationales, majoritairement en provenance du Festival Off-courts de Tourville en France, s'ajouteront à la programmation québécoise et viendront agrémente la deuxième édition de l'événement de Victoriaville.

SUR LES ONDES DE TÉLÉ-QUÉBEC
Lorsqu'il a pris connaissance de l'existence du Festival du film court de Victoriaville, Gilles Gauvin, coordonateur régional pour le compte de Télé-Québec n'a pas mis de temps à se manifester.

En plus de faire la programmation de l'événement dur les ondes de la télévisonn nationale, le représentant de Télé-Québec Trois-Rivières a garanti à Martin Morissette et son équipe une statuette de bronze et 500$ qui seront décernés à l'oeuvre qui a le plus impressionné les détenteurs de passeports donnant accès à tous les courts métrages.

«Nous voulions que les observateurs pennent une décision éclairée. Il fallait donc donner le droit de vote seulement à ceux qui auront la chance de voir tous les films», a indiqué le directeur du Festival.

UNE JOURNÉE FAMILIALE
Que ce soit de la première édition de l'événement où du parcours qui l'a amené de festival en festival, Martin Morissette a beaucoup appris lors de la dernière année. C'est pourquoi il a apporté quelques modifications à la mise en oeuvre du prochain rendez-vous du film court centriquois.

Ainsi, les courts métrages seront divisés en blocs de 45 minutes séparés par des pauses de 20 minutes qui donneront la chance aux amateurs de discuter entre eux et de se dégourdir. Ainsi, les deuxième déances de visionnement des soirées de vendredi et samedi auront lieu à 22h30 plutôt qu'à minuit.

Également dans le but de rendre le tout plus accessible, le FFCV consacrera sa journée de dimanche à la famille, permettant aux moins de 12 ans de voir, entre autres, J'veux un toutou de Sheldon Cohen, Pigly de Philippe Taïlez et Sandrine Auvertin et Lalala de Luc Otter pour seulement 2$.

Les billets pour chacune des projections ainsi que les paseports sont disponibles auprès de Martin Morissette, au 357-3278 ou via Internet au festival-filmcourt@iviq.qc.ca.

Note: Sur internet, l'adresse donnée est festivalfilmcourt@iviq.qc.ca , sans trait d'union. Essayez donc les deux pour être certains!